L’Offrande (Nemeton Renninas)


Une offrande est un don fait par un fidèle, à titre personnel, offert à un dieu pour l’honorer ou un rite célébré lors d’un sacrifice public par un prêtre dûment assermenté pour « nourrir » le dieu dédicataire, mais, que ce soit dans un cas comme dans l’autre, l’homme ne peut offrir aux dieux que ce qu’il a entièrement ou partiellement produit

De fait, donner aux dieux un joli coquillage trouvé sur une plage quelconque ou leur offrir un animal sauvage ne peut, en vérité, être considéré comme une offrande puisque ni le coquillage ni l’animal n’appartiennent à l’homme (mais à la nature) et qu’il n’a même pas prit la peine de le produire. Maintenant, si l’homme en question, ramasse plusieurs coquillages et les assemble en collier pour l’offrir aux dieux, là, cette confection, produite par l’homme, est une véritable offrande.

Voilà pourquoi dans les sacrifices publics d’hier l’omniprésence de l’animal domestique était une constante. En offrant aux dieux que les représentants de leur propre production, l’homme s’inscrit dans un ensemble de conception qui explique son rôle dans la nature et les rapports entre nature et culture placés dans une perspective théologique.

Aujourd’hui, nous ne mettons plus à mort d’animaux domestiques dans nos sanctuaires, nous avons remplacé cette offrande par d’autres, moins choquantes, plus adaptées à notre mode de vie actuel. Sur l’autel familial, l’homme offrira des boissons, des aliments, de la lumière, des parfums, etc. De même, lors d’une élébration le prêtre officiant versera dans le feu-Offertoire des libations de bière, d’hydromel, d’huile, de beurre clarifié ou de whisky ainsi que des oblations de céréales, de légumineux, de crêpes, de gâteaux, d’herbes aromatiques, de rameaux d’arbres, ou encore de brochettes de viande.

Néanmoins, dans la panoplie des offrandes, nous trouvons aussi des offrandes matérielles que l’on installe dans les sanctuaires – quand ils existent – comme, par exemple, des couronnes de fleurs, des statuettes, des bracelets, des fibules, des perles de verre, des rouelles, etc. que l’on dépose au sol ou sur une estrade ; ou que l’on suspend au mur du Temple lui-même, ou sur la clôture de l’aire-sacrée, ou encore sur les branches d’un bosquet d’arbres.

A côté de ça nous avons aussi, comme « offrande », ce que l’on appelle les ex-voto. Ce sont des présents donné à une divinité en remerciement de son aide ou pour lesquels on espère avoir son concours. D’une façon assez générale, c’est le secours thérapeutique d’une divinité qui est demandé de cette façon. Et dans les sanctuaires, ou aires naturelles (sources) dédiés à une divinité guérisseuse, ces dons sont représentées par de petites statuettes dites « anatomiques », de pierre ou de bois représentant la région du corps qui souffre, parfois c’est un linge qui a touché le malade, ou encore une dédicace.

Mais ce n’est pas tout. Avec l’offrande matérielle (objet déposé) et l’offrande alimentaire (libation et oblation) il existe une troisième offrande. L’offrande abstraite. C’est-à-dire l’offrande de paroles, qu’elle soit sous la forme d’une prière, d’une louange ou d’une récitation de garii (formules-verbales).

Et ce n’est que l’association de ces trois sortes d’offrandes qui crée l’offrande parfaite.

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